HISTOIRES DE FILS

Perdue dans mes pensées, suivant le fil de mes idées, je tente de tisser un nouveau sujet. Que vais-je bien pouvoir tricoter cette fois ?
Duo printanier
En Roumanie et en Moldavie, en mars, on offre des Martisoar, petits porte-bonheurs de fil blanc et rouge torsadés. On les épingle sur son vêtement jusqu’aux premières floraisons. En accrocher un à la branche d’un arbre fruitier en fleurs apporterait richesse pour l’année. Voici une des légendes expliquant l’origine de cette tradition. Un 1er mars, un ravissant s’épanouit dans la forêt. Le voyant, le vent d’hiver s’emporte et souffle une tempête glaciale sur la petite fleur. Mortellement ensevelie sous la neige, elle sanglote. Touchée par sa détresse, la fée du Printemps intervient. En la libérant de la neige, la fée se coupe sur un caillou tranchant. Une première goutte de sang tombe, ravivant la racine du perce-neige. La seconde rougit ses pétales et, instantanément, une autre pousse tout à côté.
Rouge
Le fil rouge, c’est celui qu’il faut suivre dit-on. Goethe raconte en 1809, dans les Affinités électives, que les cordages de la marine britannique contenaient un fil rouge central impossible à retirer sans en défaire tout le tissage. Un excellent antivol devenu si populaire qu’il entra dans le langage courant. En Asie, il symbolise la couleur du lien invisible reliant les personnes destinées à se rencontrer, selon les plans divins. Il rapproche les amants, les parents avec leurs enfants, les amis. Il peut s’emmêler, se distendre, mais ce fil rouge, relié au cœur, ne rompt jamais. Aujourd’hui encore, dans certains pays asiatiques, on noue symboliquement un ruban rouge autour des poignets des mariés.
D’or
Reprenons le fil de là où nous en étions restés, l’Asie. Dans la cuisine Thaï, un dessert fait fureur depuis le XVe ou le XVIe siècle : les foi thong, les œufs d’or. Venue d’Europe avec les marchands et les colons portugais, cette recette est élaborée par des religieuses au Portugal. À une époque où l’on fait feu de tout bois, le recyclage est une nécessité économique fondée sur la préciosité des matières premières. Utilisant de nombreux blancs d’œufs pour amidonner les linges, coller des étiquettes sur des bouteilles, ou fixer les feuilles d’or, les nonnes inventent une recette exploitant les trop nombreux jaunes restants. Ainsi naissent les fios de ovos, fils d’œufs, une formidable douceur sucrée encore appréciée aujourd’hui.
LES RECETTES
Une fois n’est pas coutume, pour nouer la métaphore, voici deux recettes :
Les pâtes roses et blanches
pour 2 personnes
Ingrédients
200 g de spaghetti au blé complet, 2 betteraves cuites, 1 gousse d’ail,
1 belle mozarella, huile d’olive, origan, sel et poivre
À vos tabliers !
Faire cuire les spaghetti, les égoutter. Écraser les betteraves. Ajouter une gousse d’ail hachée, un filet d’huile d’olive. Parsemer de morceaux de mozzarella. Saupoudrer d’origan, saler, poivrer.
C’est prêt !
Les œufs d’or
pour 6 personnes
Ingrédients
8 jaunes d’œufs, 1 œuf, 800 g de sucre, 500 ml d’eau, 1 cuillère à café d’arôme
À vos tabliers !
Passer les jaunes d’œufs et un œuf entier dans un tamis très fin pour éliminer les parties dures de l’œuf.
Mélanger l’eau et le sucre dans une casserole et faire cuire jusqu’à obtenir un sirop de sucre. Verser 1 verre de sirop dans un grand bol d’eau froide, réserver.
Porter le sirop dans la casserole à légère ébullition.
Mettre les jaunes d’œufs dans une poche à douille percée d’un petit trou et laisser couler. Cuire en 8 fois, en dessinant des cercles dans le sirop chaud.
Les brins ne doivent pas se toucher pendant la cuisson ( 2 à 3 minutes ).
Les rafraîchir dans l’eau fraîche 5 à 7 minutes. Les presser et les rouler ensemble.
Laisser sécher à température ambiante puis 8 à 10 heures au réfrigérateur.
C’est prêt !
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